Salaire ou dividende : quel est le meilleur mode de rémunération?


Si vous êtes propriétaire d’une entreprise incorporée, vous avez l’habitude de prendre des décisions. Puisque c’est vous qui êtes aux commandes, vous devez aussi choisir votre mode de rémunération. Devriez-vous opter pour un salaire ou des dividendes? Selon votre situation, l’une de ces deux méthodes pourrait être plus avantageuse. Suivez notre guide pour prendre une décision éclairée. 

Photo d’un entrepreneur consultant sa tablette pour un article sur le choix de rémunération entre salaire ou dividendes

Quelle est la différence entre un salaire et des dividendes?

Un salaire est une rémunération versée en échange du travail que vous accomplissez pour votre entreprise. Il est considéré comme une dépense d’exploitation et peut donc être déduit du revenu de votre entreprise. À titre personnel, vous devez toutefois payer de l’impôt sur ce revenu.  

 

Les dividendes représentent les bénéfices nets réalisés par votre entreprise qui sont redistribués à ses actionnaires une fois l’impôt sur les sociétés payé. Contrairement à un salaire, ils ne représentent pas une déduction autorisée pour réduire votre revenu imposable. 

Quels sont les avantages de se verser un salaire?

Dans la majorité des cas, il est plus avantageux de se verser un salaire, quitte à payer de l’impôt à titre personnel. Voici les principaux avantages : 

1. Une réduction fiscale

Les individus sont habituellement moins imposés que les sociétés. Si le taux d’imposition de votre entreprise est élevé, le fait de vous verser un salaire permet de déduire celui-ci de son revenu imposable et donc de réduire sa facture fiscale. 

 

Généralement, lorsque les revenus générés par une société dépassent le plafond des affaires, il est plus avantageux de les distribuer sous forme de salaire. Ce seuil varie en fonction de plusieurs facteurs, mais tourne autour de 500 000 $.

Bon à savoir

Si votre entreprise n’atteint pas le plafond des affaires, mais qu’elle paie des impôts au Québec et qu’elle compte peu de personnel, vous pourriez choisir de vous verser un salaire pour qu’elle soit admissible à la déduction pour petite entreprise (DPE). Ce programme permet de bénéficier d’un taux d’imposition réduit et l’un des critères d’admissibilité est la cumulation d’au moins 5 500 heures rémunérées par année.

Bien que les considérations fiscales soient importantes, elles ne devraient pas être le seul critère pour choisir entre un salaire et des dividendes. Votre stratégie de rémunération peut aussi avoir une incidence sur la santé financière de votre entreprise, ses besoins futurs en financement et ses objectifs de croissance à long terme. 

2. Un droit de cotisation à un REER

En vous versant un salaire, vous obtenez également un droit de cotisation à un REER qui vous permet de profiter d’une déduction de revenus. Plus vous êtes jeune, plus cette option est intéressante puisque vos cotisations pourront croître plus longtemps à l’abri de l’impôt.

3. Une contribution aux régimes de retraite publics

Un salaire vous permet également de contribuer à des régimes publics de retraite comme le Régime de pension du Canada (RPC). Un montant prélevé sur vos paies vous reviendra au moment de votre retraite sous forme de rente indexée. 

 

C’est avantageux si :  

 

  • vous êtes plus jeune et que vous n’avez pas beaucoup cotisé à ces régimes 
  • vous avez surtout reçu des dividendes au cours de votre carrière 

 

Ce l’est moins si : 

 

  • vous avez déjà contribué à ces régimes et que vos nouvelles cotisations ne font pas augmenter considérablement votre rente 

Quand est-il plus avantageux de se verser des dividendes?

Dans certaines situations, le versement de dividendes permet de payer moins d’impôts. Par exemple : 

 

  • vos revenus d’entreprise sont en dessous du plafond des affaires  
  • vous avez cotisé au maximum aux régimes de retraite publics 
  • vous avez pris votre retraite ou êtes sur le point de la prendre 
  • votre personnel cumule plus de 5 500 heures travaillées par année et vous ne pouvez donc pas bénéficier du DPE (au Québec seulement) 

Même si la distribution de dividendes semble plus avantageuse sur le plan fiscal, il faut également en évaluer l’impact sur les finances de votre entreprise. Des versements importants pourraient réduire ses bénéfices non répartis et peuvent limiter votre marge de manœuvre pour financer sa croissance ou répondre à des besoins futurs.

Conseil de pro

Toutes vos transactions, incluant la distribution des dividendes, doivent se refléter dans votre comptabilité. Vous aurez ainsi un portrait juste de vos finances et vous augmenterez vos chances d’obtenir du financement, en plus de faciliter votre déclaration de revenus au moment des impôts.

Quels sont les principaux types de dividendes?

Pour distinguer les différents types de dividendes, il faut comprendre un grand principe de l’impôt : l’intégration. Son objectif est que les revenus d’une entreprise soient imposés à des taux similaires. Peu importe le chemin que prend une somme d’argent pour arriver dans vos poches, le fisc lui réserve plus ou moins le même traitement.  

 

Pour cette raison, il y existe différents types de dividendes : plus les bénéfices d’une entreprise sont imposés, moins ses actionnaires paieront d’impôts sur les dividendes. Et vice-versa.  

 

Voici les principaux types de dividendes : 

Dividendes non déterminés ou ordinaires

Ces dividendes proviennent généralement de revenus d’entreprise qui se situent en dessous du plafond des affaires et qui sont imposés à un taux plus faible.  

 

Pour compenser ce taux d’imposition plus faible, ces dividendes sont identifiés comme non déterminés ou ordinaires. Une fois distribués aux actionnaires, ils seront imposés à un taux plus élevé

Dividendes déterminés

À l’inverse, les dividendes déterminés proviennent de revenus d’entreprise qui dépassent le seuil du plafond des affaires et qui, par conséquent, ont été imposés à un taux plus élevé. Ils sont donc imposés à un taux plus faible pour les actionnaires.  

 

Le compte de revenus à taux général (CRTG) est un registre fiscal qui calcule les revenus d’entreprise qui ont été imposés au taux général. Il permet de déterminer quelle portion des bénéfices peut être distribuée aux actionnaires sous forme de dividendes déterminés sans s’exposer à des pénalités fiscales.

Dividendes en capital non imposables

Ces dividendes proviennent de revenus générés par l’entreprise qui ne sont pas imposables. Ils sont donc libres d’impôts pour les actionnaires qui les reçoivent.  

 

Le compte de dividende en capital (CDC) est, comme le CRTG, un registre fiscal qui permet de comptabiliser notamment la portion non imposable des gains en capital. Plus le solde est élevé, plus il est possible de verser des dividendes libres d’impôts aux actionnaires.

Dividendes en biens ou dividendes en actions

Plutôt que d’être en argent, un dividende déterminé, non déterminé ou en capital non imposable peut aussi prendre la forme d’actions ou de biens qui appartiennent à l’entreprise. Cela dit, ces formes de dividendes sont beaucoup moins fréquentes.

Bon à savoir

Des lois fédérales et provinciales encadrent l’imposition des revenus. Une entreprise a beaucoup de revenus de placement? C’est qu’elle choisit de placer son argent plutôt que l’investir dans ses activités commerciales. Le fisc va donc abaisser son plafond des affaires. Résultat : une plus petite proportion de ses revenus sera imposée au plus petit taux d’imposition, ce qui affectera le type de dividende que l’entreprise pourra verser. 

Quels sont les autres facteurs à considérer?

Avant de faire votre choix, considérez les besoins financiers de votre entreprise. D’importants versements de dividendes peuvent réduire les bénéfices non répartis et les capitaux propres de votre entreprise. Cela peut affecter les principaux indicateurs utilisés par les banques pour vous accorder du financement : vos liquidités, votre fonds de roulement, de même que le ratio d’endettement et le ratio de couverture des charges fixes qui évaluent votre capacité de remboursement. Si vous prévoyez de financer la croissance de votre entreprise, de faire une acquisition, d’acheter de l’équipement ou d’améliorer votre fonds de roulement, il vaut mieux conserver une plus grande part de capital.

Peut-on combiner salaire et dividendes?

Rien ne vous oblige à choisir exclusivement l’un de ces modes de rémunération. Par exemple, vous pourriez vous verser un salaire pour obtenir des droits de cotisation au REER et contribuer aux régimes publics de retraite, et compléter avec des dividendes afin d’alléger votre facture fiscale globale.  

 

Plusieurs facteurs peuvent déterminer le mode de rémunération qui vous convient le mieux, incluant votre âge, vos besoins et objectifs personnels, et la situation financière de votre entreprise.  Le choix de vous verser un salaire ou des dividendes peut avoir un impact fiscal, mais ce n’est pas le seul élément qui devrait déterminer votre décision. Vous devez aussi tenir compte de la croissance à long terme de votre entreprise et des stratégies de financement.  

 

Puisque des lois encadrent ces modes de rémunération, il est recommandé de faire appel à des spécialistes en fiscalité et en comptabilité pour prendre la bonne décision. Si vous avez besoin d’aide pour trouver la combinaison gagnante, nous sommes là pour vous assister. 


Les petits détails pour tout savoir

Toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans l’autorisation préalable écrite de la Banque Nationale du Canada.
 

Les articles et renseignements accessibles sur ce site Internet sont protégés par les lois sur le droit d'auteur en vigueur au Canada ou dans d'autres pays, le cas échéant. Les droits d’auteur dans ces articles et renseignements peuvent appartenir à la Banque Nationale du Canada ou à d'autres personnes. Toute reproduction, rediffusion, communication par télécommunication, incluant par référence via un hyperlien, ou toute autre utilisation non explicitement permise, de la totalité ou d’une partie de ces articles et renseignements, est interdite sans le consentement préalable et écrit de leur titulaire respectif.
 

Le contenu de ce site ne doit en aucune façon être interprété, considéré ou utilisé comme s’il constituait des conseils d’ordre financier, juridique, fiscal ou autre. La Banque Nationale et ses partenaires en contenu ne peuvent être tenus responsables des dommages que vous pourriez subir dans le cadre d’une telle utilisation.
 

Nous tenons à vous informer que l'information présentée sur ce site web, qu'elle soit d'ordre financier, fiscal ou réglementaire, pourrait ne pas être valable à l'extérieur de la province du Québec.
 

Cet article est offert par la Banque Nationale, ses filiales et les entités de son groupe à titre informatif seulement. Il ne crée aucune obligation légale ou contractuelle pour la Banque Nationale, ses filiales et les entités de son groupe et le contenu des programmes et des conditions qui y sont décrits est sujet à changement.
 

Les hyperliens contenus dans cet article pourraient rediriger vers un site externe qui n’est pas administré par la Banque Nationale. La Banque ne peut être tenue responsable du contenu de ce site externe ni des dommages résultant de son utilisation.
 

Les opinions présentées dans ce texte sont celles de la personne interviewée. Elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de la Banque Nationale ou de ses filiales.
 

Pour tout conseil concernant vos finances et celles de votre entreprise, veuillez consulter votre conseiller de la Banque Nationale, votre planificateur financier ou, le cas échéant, tout professionnel (comptable, fiscaliste, avocat, etc.).